Obligations étrangères : fiscalité et retenues à la source

Mis à jour en août 2026 — règles applicables aux revenus 2026, sous réserve des lois de finances ultérieures et des conventions en vigueur

Un résident fiscal français est imposable sur ses revenus mondiaux : un coupon étranger se déclare pour son montant brut, avant retenue à la source. La convention fiscale conclue avec le pays de l'émetteur plafonne cette retenue et ouvre droit à un crédit d'impôt destiné à neutraliser la double imposition.

Le mécanisme, appliqué à un coupon de 1 000 €

Coupon brut de 1 000 € soumis à une retenue étrangère conventionnelle de 15 %
ÉtapeCalculMontant
Coupon brutbase déclarable en France1 000 €
Retenue à la source étrangère15 % prélevés à l'origine−150 €
Impôt sur le revenu français12,8 % × 1 000 €128 €
Crédit d'impôt conventionnel imputéplafonné à l'impôt français dû−128 €
Prélèvements sociaux17,2 % × 1 000 €, sans crédit imputable−172 €
Net finalcontre 700 € pour un coupon français678 €

Deux enseignements. D'abord, le crédit d'impôt s'impute uniquement sur l'impôt sur le revenu, jamais sur les prélèvements sociaux : les 17,2 % restent dus intégralement. Ensuite, il est plafonné au montant de l'impôt français correspondant : ici 22 € de retenue étrangère sont définitivement perdus. Une retenue conventionnelle supérieure à 12,8 % crée donc une friction résiduelle.

Où des retenues s'appliquent réellement

Contrairement à une idée répandue, la majorité des grands émetteurs souverains ne retiennent rien sur les intérêts versés à des non-résidents. Ordres de grandeur constatés mi-2026, à vérifier titre par titre :

  • Dette souveraine des grands pays de l'OCDE : retenue nulle en pratique. Les intérêts des Treasuries américains ne sont pas retenus dès lors que le formulaire d'auto-certification de résidence fiscale (W-8BEN) a été remis à l'intermédiaire ; il en va de même du Bund allemand et des gilts britanniques.
  • Obligations internationales de type eurobond : le plus souvent émises sous un régime exonéré de retenue, quelle que soit la nationalité de l'émetteur.
  • Émetteurs de pays émergents : retenues fréquentes de 10 à 20 % sur les titres émis en devise locale, selon la convention applicable. C'est l'un des coûts cachés des obligations émergentes détenues en direct.
  • ETF et fonds domiciliés en Irlande ou au Luxembourg : leurs distributions ne subissent pas de retenue à ce niveau pour un investisseur français ; le fonds a en revanche pu supporter des retenues à l'intérieur de son portefeuille, sans possibilité de récupération pour vous.

Trois obligations déclaratives à ne pas manquer

Les revenus de source étrangère se portent d'abord sur le formulaire 2047, puis se reportent sur la déclaration 2042 : montant brut converti en euros au cours du jour d'encaissement en case 2TR, crédit d'impôt conventionnel dans la case dédiée aux crédits d'impôt sur revenus mobiliers. Chaque compte détenu hors de France doit par ailleurs être déclaré sur le formulaire 3916, y compris un compte-titres inactif : l'omission est sanctionnée par une amende forfaitaire par compte et par an. Enfin, lorsque l'établissement payeur est établi hors de France et n'a pas été mandaté pour le faire, c'est à vous de reverser spontanément le prélèvement de 12,8 % et les prélèvements sociaux, dans les quinze premiers jours du mois suivant l'encaissement, au moyen d'une déclaration spécifique. Les numéros de cases évoluent : reportez-vous à la notice de l'année, et voyez déclarer ses revenus obligataires pour le pas-à-pas.

Questions fréquentes

Le crédit d'impôt est-il remboursable s'il dépasse l'impôt dû ?

Non. Le crédit conventionnel s'impute sur l'impôt français correspondant et l'excédent est perdu, sans report sur les années suivantes. Il ne s'impute pas davantage sur les prélèvements sociaux.

Une obligation étrangère est-elle plus taxée qu'une obligation française ?

Pas si la retenue à la source est nulle ou inférieure à 12,8 % : la charge totale reste alors de 30 %, comme pour un titre français, ainsi que l'explique imposition des coupons. Au-delà de 12,8 % de retenue, la fraction non imputable s'ajoute au coût.

Les plus-values sur obligations étrangères subissent-elles une retenue ?

En règle générale non : les conventions attribuent l'imposition des gains de cession de titres à l'État de résidence du cédant. La plus-value est donc taxée en France au taux global de 30 %, gain de change compris. Le cadre d'ensemble figure dans fiscalité des obligations.