Risques obligataires : taux, crédit, liquidité, change
« Les obligations, c'est sans risque » : 2022 a définitivement enterré cette idée, quand les indices d'emprunts d'État euro ont perdu plus de 15 % en un an. Un placement obligataire porte cinq risques distincts, qui se mesurent — et donc se pilotent.
1. Le risque de taux
Le prix d'une obligation varie en sens inverse des taux d'intérêt. L'ordre de grandeur est donné par la duration : une hausse des taux de 1 % fait perdre environ « duration » % au prix. Un fonds de duration 7 perd ~7 % pour +1 % de taux ; un fonds court terme de duration 1,5 en perd ~1,5 %. Ce risque disparaît en conservant un titre jusqu'à l'échéance — c'est l'argument des fonds datés — mais reste permanent dans un fonds ou ETF sans échéance. Détails et exemples : risque de taux et sensibilité.
2. Le risque de crédit
C'est le risque que l'émetteur ne paie pas : défaut sur un coupon ou sur le principal. Il se lit dans la notation et se paie via le spread. Ordres de grandeur historiques de défaut à 10 ans : quasi nul en AAA-AA, ~1 % en BBB, mais 15 à 30 % selon les crans du high yield — partiellement compensés par un taux de recouvrement moyen de 30 à 60 % selon le rang de créance. La parade : la diversification, naturelle dans un fonds ou un ETF. Approfondir : risque de crédit.
3. Le risque de liquidité
Beaucoup d'obligations s'échangent peu : revendre vite peut coûter plusieurs pourcents d'écart de prix, surtout sur les petites émissions et en période de stress. Les titres d'État de grandes souches et les grands ETF sont les plus liquides. Voir risque de liquidité et la liquidité du marché obligataire.
4. Le risque de change
Une obligation en dollars rapportant 4,5 % peut coûter cher en euros si le dollar recule de 8 %. Pour une poche de sécurité, ce risque se neutralise avec des titres en euros ou des ETF couverts en euro — moyennant le coût de la couverture. Détail : risque de change.
5. Les risques de réinvestissement et d'inflation
Les coupons encaissés se replacent au taux du moment : s'il a baissé, le rendement composé final déçoit (risque de réinvestissement). Et un coupon fixe de 3 % avec une inflation à 4 % appauvrit en termes réels — le risque le plus sournois car invisible sur le relevé ; les obligations indexées en protègent. Contexte : inflation et obligations.
| Risque | Titre conservé à l'échéance | ETF / fonds classique | Fonds daté |
|---|---|---|---|
| Taux | Neutralisé à maturité | Permanent | Faible si conservé |
| Crédit | Concentré | Dilué | Dilué |
| Liquidité | Variable selon le titre | Faible (grands ETF) | Fenêtres de sortie |
| Change | Selon la devise — couverture possible | ||