Obligation indexée sur l'inflation : OATi, principe

Mis à jour en août 2026

Sur une obligation indexée, c'est le capital qui est revalorisé chaque jour au rythme de l'indice des prix, et le coupon se calcule sur ce capital revalorisé. Vous ne négociez donc plus un taux nominal mais un taux réel : la rémunération obtenue au-delà de l'inflation constatée.

Deux familles chez l'État français

L'Agence France Trésor émet deux gammes indexées : les OATi, adossées à l'indice des prix à la consommation hors tabac en France, et les OAT€i, adossées à l'indice harmonisé de la zone euro hors tabac. Le choix n'est pas anodin : si votre budget est intégralement français, l'OATi colle mieux à votre inflation vécue ; l'OAT€i, plus liquide, suit une moyenne européenne qui peut s'en écarter d'un demi-point certaines années. Le détail des souches figure sur notre page OAT indexée.

Mécaniquement, un coefficient d'indexation est appliqué à la valeur nominale. Il est calculé à partir de l'indice constaté avec un décalage de trois mois, interpolé jour par jour : la protection est donc réelle mais légèrement retardée par rapport à l'actualité des prix.

Exemple chiffré sur une OATi de 10 000 €

OATi de taux réel 0,60 %, après cinq ans d'inflation cumulée de 12 %
ÉlémentCalculMontant
Coefficient d'indexation1,00 × (1 + 12 %)1,12
Capital indexé10 000 € × 1,1211 200 €
Coupon de l'année 50,60 % × 11 200 €67,20 €
Coupon de l'année 1 (rappel)0,60 % × 10 000 €60,00 €
Remboursement à l'échéancecapital indexé11 200 €

Le coupon paraît dérisoire : c'est normal, l'essentiel de la performance passe par le capital, qui a gagné 1 200 € sans que vous ayez rien encaissé. Les OAT indexées françaises comportent en outre une garantie plancher : en cas de déflation cumulée sur la vie du titre, le remboursement ne peut pas descendre sous le pair.

Le point mort d'inflation : le vrai critère de décision

Comparer une indexée à une obligation à taux fixe revient à comparer deux taux de nature différente. L'outil pour trancher est le point mort (break-even) : la différence entre le taux nominal d'une OAT classique et le taux réel de l'indexée de même échéance. Mi-2026, avec une OAT 10 ans autour de 3,1 % et une indexée 10 ans autour de 0,9 % de taux réel, le point mort ressort à environ 2,2 %. Traduction : l'indexée sera gagnante si l'inflation moyenne des dix prochaines années dépasse 2,2 %, perdante en dessous. Acheter une indexée n'est donc pas un pari « pour ou contre l'inflation », mais un pari sur l'écart entre l'inflation réalisée et celle déjà anticipée par le marché.

Pour quel investisseur

Le profil type est l'épargnant dont les engagements futurs suivent les prix : un retraité qui vise le maintien de son pouvoir d'achat sur vingt ans, ou un particulier qui provisionne des dépenses indexées. Le lien entre hausse des prix et valorisation obligataire est détaillé sur l'influence de l'inflation sur les obligations. À l'inverse, si votre objectif est un montant nominal à date fixe, une obligation classique fait mieux le travail. Situez cette famille parmi les autres sur la page obligation, et notez que ces titres restent avant tout des obligations d'État : le rendement réel offert constitue une référence de taux sans risque réel.

Questions fréquentes

Une obligation indexée protège-t-elle intégralement de l'inflation ?

Elle protège le capital et le coupon d'un porteur qui va jusqu'à l'échéance, avec un décalage d'indexation de trois mois. Elle ne protège ni contre une hausse des taux réels en cours de vie, ni contre l'écart entre l'indice officiel et votre panier de consommation personnel.

Que se passe-t-il en cas de déflation ?

Le coefficient d'indexation baisse, donc les coupons diminuent. Sur les OAT indexées françaises, le remboursement du capital bénéficie d'un plancher au pair : vous récupérez au minimum le nominal d'origine.

OATi ou OAT€i : laquelle choisir ?

L'OATi suit l'inflation française et correspond mieux à un budget entièrement domestique. L'OAT€i suit la zone euro, avec un gisement plus large et une meilleure liquidité. Sur longue période les deux indices restent proches, mais des écarts annuels de plusieurs dixièmes de point existent.