Assimilation obligataire : le principe des OAT

Mis à jour en août 2026

L'assimilation consiste à émettre de nouvelles tranches d'un emprunt déjà en circulation, avec le même coupon, la même échéance et le même code ISIN que la souche d'origine. Les titres nouveaux et anciens sont juridiquement identiques et fongibles : c'est le principe des OAT, dont le sigle signifie obligation assimilable du Trésor.

Comment se déroule une réouverture

Le Trésor ne crée pas une ligne par emprunt : il rouvre les mêmes souches lors de ses adjudications mensuelles, jusqu'à atteindre 25 à 40 Md€ d'encours par ligne. Seul le prix varie d'une tranche à l'autre, puisqu'il s'ajuste aux taux du jour.

Exemple. Une souche d'OAT de coupon 3,00 % échéant le 25 mai 2036 est rouverte à hauteur de 3 Md€ lors d'une adjudication réglée le 15 janvier. Le prix adjugé ressort à 98,10 %. Depuis la date de jouissance du 25 mai précédent, 235 jours d'intérêts ont couru, soit 1 000 € × 3 % × 235 / 365 = 19,32 € par coupure. L'acheteur règle donc 981,00 € + 19,32 € = 1 000,32 €. Le 25 mai suivant, il touchera le coupon entier de 30 €, exactement comme un porteur de la première tranche.

Pourquoi c'est important pour l'investisseur

L'assimilation est le principal moteur de la liquidité du marché obligataire souverain. Une seule ligne de 35 Md€ se négocie avec des fourchettes de quelques centimes, là où dix lignes de 3,5 Md€ aux caractéristiques légèrement différentes se seraient partagé et fragmenté les échanges. Trois conséquences pour vous : le risque de liquidité est quasi nul sur ces souches ; la cotation est continue et transparente, ce qui facilite l'achat en direct ; et l'échéance affichée d'une OAT ne renseigne pas sur sa date de première émission, souvent bien antérieure. Les grandes entreprises emploient le même mécanisme sous le nom de tap ou d'abondement, mais avec des encours plus modestes.

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