Allocation actions-obligations : trouver son équilibre
Définir son allocation entre actions et obligations revient à répondre à trois questions dans l'ordre : quel rôle je confie à chaque poche, quelle baisse je supporte sans vendre, et à quelle date j'aurai besoin de l'argent. La méthode ci-dessous transforme ces réponses en pourcentages, puis en euros.
Deux poches, deux missions distinctes
La poche actions est le moteur de croissance : elle rémunère une prime de risque au prix d'une volatilité élevée et de reculs pouvant dépasser 40 %. La poche obligataire remplit trois fonctions : verser un revenu contractuel, réduire l'amplitude des baisses, et fournir la liquidité qui servira à racheter des actions après une chute. Cette troisième fonction est la plus sous-estimée : sans réserve, un investisseur intégralement en actions ne peut que subir. Le comparatif des deux classes d'actifs : obligations ou actions.
La corrélation n'est pas une constante
Entre 2000 et 2020, actions et obligations d'État évoluaient le plus souvent en sens inverse : la baisse des taux lors des récessions faisait monter les obligations pendant que les actions chutaient. Ce régime dépend de la nature du choc. Choc de croissance : la corrélation reste négative et la protection fonctionne. Choc d'inflation : les deux poches baissent ensemble, comme en 2022. Conséquence pratique : n'attendez pas de votre poche obligataire une assurance tous risques, et ne concentrez pas la protection sur la seule duration longue. Une partie en obligations indexées sur l'inflation répond précisément au scénario où les autres obligations échouent.
Méthode en quatre étapes
- Isolez les besoins à moins de deux ans : ils sortent de l'allocation et vont sur des supports sans risque de prix.
- Fixez la baisse maximale tolérée sur le reste. Approximation de travail : baisse potentielle du portefeuille ≈ part actions × 40 % + part obligataire × duration.
- Déduisez la part actions puis complétez en obligations.
- Choisissez la duration obligataire proche de l'horizon des retraits.
| Allocation | Choc actions −40 %, taux −1 pt | Choc inflation : actions −20 %, taux +2 pts |
|---|---|---|
| 80 % actions / 20 % obligations | −31,0 % | −18,0 % |
| 60 / 40 | −22,0 % | −16,0 % |
| 40 / 60 | −13,0 % | −14,0 % |
| 20 / 80 | −4,0 % | −12,0 % |
Lecture : sécuriser davantage protège fortement contre un krach actions, beaucoup moins contre une remontée des taux. Un portefeuille de 200 000 € en 60/40 encaisse dans ces hypothèses une perte temporaire d'environ 44 000 € dans le premier scénario. Si ce chiffre vous ferait vendre, l'allocation est trop agressive, quel que soit votre âge. Ces calculs sont des ordres de grandeur, pas des prévisions.
Faire évoluer l'allocation dans le temps
Deux ajustements seulement méritent d'être faits. Le premier est mécanique : réduire la part actions à mesure que l'horizon se raccourcit, par exemple d'un point par an à partir de dix ans avant l'échéance — c'est le principe de la gestion à horizon d'un PER. Le second est le rééquilibrage périodique décrit dans portefeuille 60/40. Tout le reste — modifier l'allocation parce que les marchés semblent chers ou parce qu'une récession se profile — relève du pari, rarement gagnant sur la durée.
Questions fréquentes
Faut-il une seule ligne obligataire ou plusieurs ?
Une ligne agrégée en euro suffit à la plupart des portefeuilles. Ajouter des segments — indexé inflation, crédit d'entreprise, court terme — ne se justifie qu'au-delà de quelques dizaines de milliers d'euros et si vous savez quel rôle chaque brique remplit.
Le monétaire peut-il remplacer les obligations ?
Il remplace leur fonction de réserve, pas leur fonction d'amortisseur : un support monétaire ne monte pas quand les taux baissent. Il rend en revanche de vrais services quand la courbe est plate ou inversée.
Comment savoir si mon allocation est trop risquée ?
Le test le plus fiable est comportemental : relisez votre relevé du dernier trimestre de forte baisse. Si vous avez vendu ou envisagé de vendre, réduisez la part actions d'au moins dix points, une fois pour toutes.