Fiscalité du PEA et supports obligataires

Mis à jour en août 2026 — règles applicables aux revenus 2026, sous réserve des lois de finances ultérieures

Le PEA offre la meilleure fiscalité des enveloppes françaises : exonération d'impôt sur le revenu après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restant dus. Sa limite est ailleurs : les obligations en sont exclues, et seuls quelques ETF synthétiques permettent d'y loger une exposition aux taux.

Le préalable : ce qui peut entrer dans un PEA

Le plan est réservé aux titres de capital de sociétés de l'Union européenne et aux fonds investis à 75 % au moins dans ces titres. Une obligation étant un titre de créance, elle est inéligible ; les fonds et ETF détenant physiquement des obligations le sont aussi. Seule voie ouverte : un ETF à réplication synthétique qui détient un panier d'actions européennes et échange leur performance contre celle d'un indice obligataire ou d'un indice de taux courts adossé à l'€STR. L'offre est étroite et peut évoluer : les règles d'éligibilité sont détaillées dans obligations au PEA et l'offre disponible dans ETF obligataire et PEA.

La fiscalité, avant et après cinq ans

À l'intérieur du plan, rien n'est imposé : dividendes, distributions et plus-values se capitalisent librement, y compris lorsque vous arbitrez d'un support à l'autre. L'imposition ne se déclenche qu'au retrait, et son sort dépend de l'âge du plan, décompté depuis le premier versement.

Retrait comprenant 5 000 € de gain net : PEA et compte-titres comparés
SituationImpôt sur le revenuPrélèvements sociauxNet perçu
PEA de moins de 5 ans12,8 % soit 640 €860 €3 500 €
PEA de 5 ans et plusExonéré860 €4 140 €
Compte-titres (PFU)12,8 % soit 640 €860 €3 500 €

Le gain fiscal du PEA mature atteint donc 640 € pour 5 000 € de plus-value, soit 12,8 % du gain — jamais davantage, puisque les prélèvements sociaux restent dus dans tous les cas. Sur des supports de taux dont le rendement se situe autour de 2 à 3 % par an mi-2026, cet avantage reste modeste en valeur absolue : il ne justifie pas de forcer une exposition obligataire dans une enveloppe qui n'y est pas destinée.

Les règles de retrait à connaître

  • Avant 5 ans : tout retrait entraîne en principe la clôture du plan et l'imposition du gain net au taux global de 30 %. Des exceptions existent (licenciement, invalidité, mise à la retraite anticipée), et le retrait destiné à la création ou à la reprise d'une entreprise n'entraîne pas la clôture, mais interdit ensuite tout nouveau versement.
  • Après 5 ans : les retraits partiels sont libres, n'entraînent plus la clôture et ne bloquent plus les versements — une souplesse acquise en 2019 qui a changé l'usage du plan.
  • Plafond de versements : 150 000 € sur un PEA classique, 225 000 € en cumulant avec un PEA-PME. Les gains, eux, ne sont pas plafonnés.
  • En cas de perte : la clôture d'un plan en moins-value permet, sous conditions, d'imputer cette perte sur les plus-values mobilières de même nature de l'année et des dix suivantes.

Questions fréquentes

Les prélèvements sociaux sont-ils prélevés chaque année sur un PEA ?

Non. Ils sont calculés uniquement lors des retraits, sur la fraction de gain qu'ils contiennent, au taux en vigueur ce jour-là — 17,2 % actuellement. Aucun prélèvement annuel n'est opéré sur les plus-values latentes.

Un ETF monétaire éligible au PEA bénéficie-t-il de la même exonération ?

Oui : dès lors qu'il est éligible et détenu dans le plan, son gain suit le régime du PEA. Après cinq ans, seul le prélèvement social de 17,2 % s'applique. La sélection possible est décrite dans meilleur ETF obligataire PEA.

Faut-il déclarer les gains d'un PEA non retiré ?

Non, aucune ligne à remplir tant que vous ne procédez à aucun retrait : c'est l'un des intérêts pratiques de l'enveloppe. Le comparatif complet par enveloppe figure dans fiscalité des ETF obligataires, à côté du régime de droit commun décrit dans flat tax sur les obligations et du guide fiscalité des obligations.