Flat tax sur les obligations : le PFU expliqué

Mis à jour en août 2026 — règles applicables aux revenus 2026, sous réserve des lois de finances ultérieures

La flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique, taxe à 30 % les revenus de vos obligations détenues en compte-titres : 12,8 % d'impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. Un taux unique, quel que soit votre revenu — ce qui en fait une bonne affaire pour les uns et une mauvaise pour les autres.

Ce que le PFU recouvre

Sont concernés, sur un compte-titres ordinaire : les coupons encaissés, les plus-values de cession, les primes de remboursement et les distributions des fonds et ETF obligataires. Les enveloppes fiscales suivent d'autres règles : rien n'est imposé tant qu'aucun rachat n'intervient en assurance vie, et le PEA bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu au-delà de cinq ans. Le PFU est donc la règle du placement détenu « en direct », sans enveloppe.

Un prélèvement en deux temps

La flat tax n'est pas payée une seule fois. Votre établissement payeur prélève l'année de l'encaissement un acompte de 12,8 %, appelé prélèvement forfaitaire non libératoire, auquel s'ajoutent les 17,2 % de prélèvements sociaux. L'année suivante, la déclaration régularise : l'acompte s'impute sur l'impôt dû et l'excédent éventuel vous est restitué.

2 000 € de coupons encaissés en 2026, compte-titres, PFU maintenu
ÉtapeCalculMontant
Coupon brut versé2 000 €
Acompte d'impôt à la source12,8 % × 2 000 €256 €
Prélèvements sociaux à la source17,2 % × 2 000 €344 €
Somme créditée sur le compte2 000 − 6001 400 €
Solde en 2027 si le PFU est conservéImpôt dû 256 € − acompte 256 €0 €

La dispense d'acompte : un droit à demander soi-même

Les foyers modestes peuvent éviter d'avancer les 12,8 %. Pour les produits de placement à revenu fixe, la dispense est ouverte si le revenu fiscal de référence de l'avant-dernière année est inférieur à 25 000 € pour une personne seule et à 50 000 € pour un couple soumis à imposition commune. La demande prend la forme d'une attestation sur l'honneur adressée à chaque établissement payeur avant le 30 novembre de l'année précédant l'encaissement : elle n'est jamais rétroactive. Attention, une dispense demandée à tort expose à une majoration de 10 % du prélèvement éludé. Les prélèvements sociaux, eux, restent dus à la source dans tous les cas.

Quand la flat tax n'est pas le bon choix

Vous pouvez renoncer au PFU en cochant l'option pour le barème progressif. Cette option est globale — elle s'applique à l'ensemble des revenus de capitaux mobiliers et des plus-values mobilières du foyer pour l'année — et se reprend chaque année. Son intérêt tient à deux effets : le taux marginal remplace les 12,8 %, et 6,8 % de CSG deviennent déductibles du revenu global de l'année suivante.

Coût total sur 100 € de coupons : PFU ou barème selon la tranche marginale
Tranche marginalePFUBarème (CSG déductible comprise)Choix
0 %30,0 €17,2 €Barème
11 %30,0 €≈ 27,5 €Barème
30 %30,0 €≈ 45,2 €PFU
41 %30,0 €≈ 55,4 €PFU

La bascule se situe donc entre 11 et 30 % de tranche marginale. Une réserve importante : l'option étant globale, elle peut être avantageuse sur vos coupons et pénalisante sur d'autres revenus du foyer. Le simulateur de l'administration compare les deux scénarios avant validation de la déclaration ; le pas-à-pas figure dans déclarer ses revenus obligataires.

Questions fréquentes

La flat tax s'applique-t-elle aussi aux plus-values obligataires ?

Oui, au même taux global de 30 %. La différence porte sur le moment : aucun acompte n'est prélevé à la source sur les plus-values, l'impôt est réglé l'année suivante après déclaration. Le détail figure dans plus-values obligataires.

Peut-on choisir le barème une année et le PFU l'année suivante ?

Oui. L'option se formule chaque année lors de la déclaration et n'engage que l'année concernée. En revanche, à l'intérieur d'une même année, elle couvre obligatoirement tous les revenus mobiliers du foyer.

Le PFU s'applique-t-il aux obligations logées en assurance vie ?

Non. Tant qu'aucun rachat n'intervient, rien n'est imposé ; au rachat, ce sont les taux propres au contrat qui s'appliquent, avec un régime plus favorable après huit ans. Voir fiscalité des obligations en assurance vie et le guide fiscalité des obligations.