Valeur de remboursement d'une obligation
La valeur de remboursement est le montant que l'émetteur restitue au porteur à l'échéance, pour chaque titre détenu : le plus souvent la valeur nominale (remboursement « au pair »), parfois un montant supérieur qui constitue une prime de remboursement.
Au pair ou avec prime : un exemple chiffré
Soit une obligation d'entreprise de 1 000 € de nominal, coupon annuel 2 %, cinq ans, souscrite à 1 000 € mais remboursable à 102 % du nominal, soit 1 020 €. La prime de remboursement vaut 20 €. Le porteur encaisse 5 × 20 € de coupons plus 1 020 € au terme : son taux actuariel ressort à environ 2,38 % au lieu des 2 % affichés en coupon. Autrement dit, la prime ajoute ici près de 38 points de base de rendement.
| Modalité | Versé à l'échéance | Effet sur le rendement |
|---|---|---|
| Au pair | 1 000 € | Rendement = coupon si achat au pair |
| Avec prime de 2 % | 1 020 € | Rendement supérieur au coupon |
| Zéro coupon émis à 74 % | 1 000 € | Tout le rendement vient du remboursement |
Pourquoi c'est important pour l'investisseur
La valeur de remboursement est la seule certitude d'un titre obligataire : c'est vers elle que le cours converge à mesure que l'échéance approche, quel que soit le chemin des taux entre-temps. Elle borne donc la perte d'un porteur qui conserve son titre jusqu'au bout, sous réserve que l'émetteur paie. Trois points de vigilance : la valeur de remboursement d'une obligation indexée sur l'inflation est révisée du coefficient d'indexation, ce qui la rend inconnue à l'achat ; une clause de call peut imposer un remboursement anticipé à un prix contractuel différent ; enfin, sur le plan fiscal, l'écart entre prix d'achat et valeur de remboursement est une plus-value imposée au PFU de 30 %, comme les coupons. Le prospectus indique toujours ce montant sous la mention « redemption amount » ou « valeur de remboursement » : lisez-le avant de calculer un rendement.