Rendement courant d'une obligation : définition

Mis à jour en août 2026

Le rendement courant rapporte le coupon annuel au prix payé pour le titre : coupon annuel / prix d'achat. Il mesure le flux de revenu immédiat, et rien d'autre — ni le gain ni la perte en capital d'ici l'échéance.

Le calcul et son écart avec le rendement à l'échéance

Une obligation de 1 000 € de nominal, taux de coupon 3,50 %, cotée 88 % et remboursable au pair dans cinq ans. Le coupon vaut 35 € par an, le prix 880 €.

Rendement courant = 35 € / 880 € = 3,98 %. Mais le porteur récupérera 1 000 € à l'échéance, soit 120 € de plus qu'il n'a payé. En intégrant ce gain et son calendrier, le rendement à l'échéance ressort à environ 6,4 %. L'indicateur simple sous-estime ici la performance de près de 250 points de base.

Les trois taux d'une même obligation selon son prix
PrixTaux de couponRendement courantRendement à l'échéance
880 €3,50 %3,98 %≈ 6,4 %
1 000 €3,50 %3,50 %3,50 %
1 120 €3,50 %3,13 %≈ 1,0 %

Retenez la hiérarchie : sous le pair, coupon < rendement courant < rendement à l'échéance ; au-dessus du pair, l'ordre s'inverse.

Pourquoi c'est important pour l'investisseur

Le rendement courant a une seule vertu : il répond à la question « combien cette ligne me versera-t-elle cette année ? », ce qui compte pour un investisseur qui vit de ses revenus ou qui compare des supports distribuants. Ses limites sont sérieuses. Il ignore la convergence du prix vers la valeur de remboursement, ignore le coupon couru payé à l'achat, et devient trompeur sur les titres décotés d'émetteurs fragiles, où un rendement courant élevé signale surtout un risque de défaut. Sur une fiche d'ETF obligataire, ne confondez pas le rendement de distribution — proche de cette logique — et le rendement à maturité du portefeuille, seul comparable d'un fonds à l'autre.

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